Qu'est-ce qu'un serveur MCP ?
Anthropic a présenté le Model Context Protocol à la fin de l'année 2024 pour permettre aux assistants IA de se connecter aux outils d'une entreprise, sans développer une intégration pour chacun d'eux. Le standard s'est ensuite diffusé bien au-delà d'Anthropic. En décembre 2025, l'entreprise l'a ainsi confié à l'Agentic AI Foundation, une fondation de la Linux Foundation créée avec OpenAI et Block. À cette date, Anthropic recensait déjà plus de dix mille serveurs MCP publics en activité. Le protocole fonctionne désormais avec ChatGPT, Gemini, Microsoft Copilot ou Cursor, si bien qu'un même serveur sert à tous ces assistants.
Pour y parvenir, un serveur MCP se place entre l'assistant et l'outil qu'il doit utiliser. Il décrit d'abord les actions disponibles dans cet outil, puis il exécute celles que l'assistant lui demande.
Assistant Serveur MCP CMS
| | |
|--tools/list->| |
|<--outils-----| |
| nom, role, | |
| parametres | |
| | |
|--tools/call->| |
| outil choisi |--ecriture-->|
| + contenu | brouillon |
|<--resultat---|<------------|L'échange commence lorsque l'assistant réclame au serveur la liste des outils disponibles. Chacun de ces outils lui parvient avec un nom, une description et la liste des paramètres attendus. L'assistant s'appuie ensuite sur ces descriptions pour choisir l'outil adapté à la demande, et il l'appelle avec le contenu à enregistrer. Le serveur exécute alors l'action dans le CMS, avec les droits de la clé d'accès qui l'y autorise. L'assistant ne voit donc du CMS que ce que le serveur lui montre.
Pour l'éditeur d'un CMS, publier un serveur MCP suffit par conséquent à rendre son outil utilisable par tous ces assistants, et plusieurs l'ont déjà fait. WordPress propose ainsi un adaptateur MCP officiel, avec lequel chaque site choisit les fonctions accessibles aux agents. Payload CMS propose de son côté, depuis octobre 2025, un plugin MCP officiel qui transforme un site en serveur MCP. Un site géré avec l'un de ces CMS peut donc recevoir les demandes de Claude ou de ChatGPT, à condition que l'entreprise ouvre ce serveur et en fixe les autorisations.
Gérer son site depuis Claude ou ChatGPT
Une fois ce serveur ouvert, la gestion d'un site peut passer par une conversation avec l'assistant. La personne chargée des contenus lui demande de mettre à jour les horaires d'une page, et l'assistant fait lui-même la modification dans le CMS. Le gain se mesure davantage sur les tâches répétitives, qui obligeaient jusqu'ici à ouvrir chaque page dans l'administration pour y refaire la même correction. Une seule demande suffit désormais pour ajouter les textes alternatifs manquants sur toutes les images d'un blog.
Le blog de Nualt en a donné un exemple dès son branchement sur son serveur MCP, mis en place avec la refonte du site début octobre. Ses quatorze premiers articles n'existaient alors qu'en français. Des agents ont rédigé leurs versions anglaises dans la journée, puis les ont enregistrées en brouillon dans le CMS pour que nous les relisions. Cette relecture a fait apparaître des erreurs dans plusieurs articles, que nous avons fait corriger par le même chemin, sans ouvrir l'administration.
Ce fonctionnement répartit ainsi le travail entre l'agent et la personne qui gère le site. L'agent prépare, traduit et corrige, tandis que le choix des sujets, le fond des articles, la relecture et la publication restent de notre ressort.
Le MCP de Payload CMS, de l'accès brut aux outils du métier
Reste qu'un agent ne travaille bien qu'avec des outils adaptés à la tâche qui lui est confiée. Le plugin MCP de Payload en fournit une première série sans développement. Il génère des outils pour les collections du CMS, et l'entreprise choisit pour chacune d'elles les opérations qu'elle ouvre, de la lecture à la suppression. Chaque clé d'accès reçoit ensuite ses propres autorisations et agit avec les droits de son propriétaire, si bien que les règles d'accès déjà définies dans le CMS continuent de s'appliquer.
Cette souplesse tient à la nature de Payload. Le CMS est publié sous licence MIT et s'installe dans le même code que le site. Une entreprise peut donc écrire ses propres outils MCP à côté de ceux du plugin, avec un accès aux mêmes données et aux mêmes règles de droits. Elle ne dépend ni d'un module tiers ni d'une offre payante pour les faire évoluer. Les autres différences entre Payload et WordPress font l'objet d'un article dédié.
Les outils générés par le plugin restent toutefois généraux. Pour créer un article, l'agent doit fournir le contenu dans la structure interne du CMS, où chaque titre, paragraphe ou lien devient un élément de données imbriqué dans les autres. Cette écriture convient à un champ simple comme un titre, mais elle devient lourde et source d'erreurs pour le corps d'un article, avec ses intertitres, ses liens et ses encadrés.
Nous avons donc ajouté au blog de Nualt nos propres outils. L'agent y écrit en Markdown, avec les blocs du site, et enregistre les versions française et anglaise d'un article en une seule fois, toujours en brouillon. Les consignes éditoriales figurent en outre dans la description de chaque outil, que l'agent lit avant de s'en servir. L'extrait suivant montre l'un de ces outils, raccourci, tel que l'agent le reçoit.
{
"name": "saveArticle",
"description": "Enregistre un article en brouillon, en français et en anglais natif.",
"inputSchema": {
"type": "object",
"properties": {
"fr": { "description": "Titre, chapô, corps en Markdown, FAQ" },
"en": { "description": "Texte anglais natif, pas une traduction" }
}
}
}La description sert ainsi de consigne. Elle rappelle à l'agent que l'article reste en brouillon, et que la version anglaise s'écrit pour un lecteur anglophone au lieu de traduire le français mot à mot. Brancher le serveur MCP d'un CMS donne donc un accès à ses données, tandis que ces outils sur mesure apprennent à l'agent à travailler selon les règles de l'entreprise. La même distinction vaut pour tout CMS ou back-office doté d'un serveur MCP.
Markdown, la langue de travail des agents IA
Ces outils sur mesure reposent sur le Markdown, parce que c'est le format dans lequel les agents écrivent le mieux. Les modèles de langage ont appris sur une grande quantité de textes en Markdown, de la documentation technique aux forums de développeurs, et les interfaces de chat l'affichent par défaut. Le format apporte en outre juste assez de structure, avec des titres, des listes et des liens, tout en restant lisible tel quel, même par quelqu'un qui ne code pas. Un simple fichier texte n'offre aucune hiérarchie, alors que le HTML ou le JSON restent lourds à lire pour un humain et plus coûteux en tokens pour un modèle.
Le Markdown s'est d'ailleurs imposé dans les outils qui entourent les agents. Leurs consignes s'écrivent dans des fichiers comme CLAUDE.md ou AGENTS.md, et le fichier llms.txt, censé présenter un site aux IA, est lui-même rédigé en Markdown malgré son extension.
Un CMS stocke en revanche ses contenus dans sa propre structure, celle du rich text, pour pouvoir les afficher et les modifier dans son éditeur. L'outil sur mesure fait donc le lien entre les deux formats. Il reçoit le Markdown de l'agent et le convertit dans la structure du CMS, puis il fait la conversion inverse quand l'agent relit un article. Le Markdown ne prévoit rien pour un encadré ou un appel à l'action, et nous avons donc défini une balise pour chacun des blocs du site, que l'outil traduit dans les deux sens.
Les précautions à prendre avant d'ouvrir son CMS à un agent IA
Ces outils supposent des limites, décidées avant de brancher l'agent. La première concerne les droits de la clé d'accès. Une clé qui agit avec les droits d'un administrateur donne à l'agent les mêmes pouvoirs que cette personne, et il vaut mieux lui attribuer un compte limité aux collections dont il a besoin. La suppression reste en général fermée, puisqu'une erreur de l'agent sur ce point ne se rattrape pas toujours.
La deuxième limite porte sur la publication. Chez Nualt, nos outils enregistrent chaque contenu en brouillon, et la publication passe par une personne qui le relit dans l'administration. Une publication directe par l'agent reste techniquement possible, mais nous avons fait le choix inverse pour garder une relecture avant toute mise en ligne.
Il faut aussi regarder ce que l'agent voit. Le plugin de Payload lui transmet par défaut les documents entiers, y compris des champs qu'il n'a aucune raison de lire, comme les coordonnées laissées dans un formulaire. Sa configuration permet de restreindre les champs exposés, ce qui compte dès que le CMS contient des données personnelles.
Reste un risque propre aux agents. Un contenu que l'agent lit peut contenir des instructions écrites pour le détourner, et l'agent risque de les suivre comme si elles venaient de l'utilisateur. Les droits limités et le brouillon en réduisent les conséquences. L'agent ne peut faire que ce que sa clé autorise, et aucun contenu ne part en ligne sans relecture.
Chez Nualt, des outils MCP construits pour chaque métier
Mettre en place le serveur MCP de notre blog a demandé peu de développement. L'essentiel du travail a consisté à décider ce que l'agent pouvait faire, puis à traduire nos règles éditoriales dans la description de ses outils.
Nous faisons le même travail sur le back-office de nos clients, qu'il s'agisse du catalogue d'une boutique ou des contenus d'un site. Les outils suivent leurs règles et leurs formats, et ils font partie du code qui leur appartient.
MCP et CMS, vos questions
Les questions qui reviennent avant de brancher un assistant IA sur le CMS d'un site.
Peut-on connecter WordPress à ChatGPT ou à Claude ?
Oui. WordPress propose un adaptateur MCP officiel, qui expose les fonctions que le site choisit d'ouvrir aux agents. Des extensions tierces existent aussi, avec des niveaux de sécurité variables.
Un agent peut-il publier sur un site sans validation ?
Techniquement oui, si sa clé l'y autorise. Le choix du brouillon, avec une publication par une personne, se fait au moment de configurer le serveur et ses outils.
Faut-il un développeur pour mettre en place un serveur MCP ?
Le plugin d'un CMS s'installe en quelques étapes pour un accès simple. Les outils adaptés au métier et le réglage des droits demandent en revanche un développement.
Quelles données l'agent voit-il ?
Il voit celles que le serveur lui expose, avec les droits de la clé utilisée. Sans réglage, un plugin peut transmettre des documents entiers, d'où l'intérêt de limiter les champs exposés.
Le MCP fonctionne-t-il avec ChatGPT ?
Oui. ChatGPT, Claude, Gemini, Microsoft Copilot et Cursor prennent en charge le protocole, avec des conditions d'accès qui varient selon l'offre souscrite.
Combien coûte un serveur MCP pour un site ?
Le plugin MCP de Payload est gratuit et open source. Le coût tient au temps passé à construire les outils sur mesure et à régler les droits, selon la complexité du site.
